Interview de lecteurs de « La Cité »

Durant cette dernière année, j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs lecteurs de mon livre et de répondre à certaines de leurs questions. Je n’ai pas (encore) été approchée par de grands journalistes 😉 et je n’avais pas non plus envie de faire une auto-interview. Pour fêter l’année écoulée depuis la sortie de “La Cité”, je vous propose donc ici une « interview de lecteurs ».

 

Écrire un livre, était-ce un rêve ?
Pas du tout. Ou alors, un rêve très inconscient. J’ai donc été la première surprise de me mettre à l’écriture de ce roman et de le finaliser. À la fin du livre, il y a un poème qui retrace mon rapport à la lecture et l’écriture. Enfant et adolescente, je lisais beaucoup de romans et puis pour plusieurs raisons, cela m’est passé. J’adorais aussi les épreuves de rédaction au collège et j’excellais dans ce domaine. Mais la dernière histoire que j’ai écrite est la rédaction d’épreuve du brevet des collèges. Je crois que j’avais besoin qu’on me présente un sujet pour écrire quelque chose. C’est d’ailleurs un peu ce qui s’est passé pour “La Cité”…

Comment t’est venue l’idée d’écrire ce livre ?
Je ne cache pas ma foi en Dieu, bien au contraire. Pour moi, il est clairement à l’origine de ce projet. Cette idée de livre s’est invitée dans ma tête du jour au lendemain. Je regardais mon fils ainé et quelque chose est monté dans mon coeur à ce moment-là : le début d’une histoire. Au départ, je me disais juste que cela pourrait être le sujet d’un livre pour enfant, sans pour autant penser que je le concrétiserais. Quelques jours après que cela me soit venu, j’étais avec quelques personnes qui partagent la même foi que moi. Nous croyons que Dieu peut nous parler et nous délivrer des messages. Je n’avais parlé de cela à personne, pas même à mon mari parce que cela m’avait paru anodin. Mais une des femmes présentes a dit qu’elle recevait que Dieu allait réveiller des dons cachés, dont nous n’avions même pas conscience. Cette idée d’écriture a tout de suite rejailli et j’étais émue aux larmes. C’était comme un encouragement à me mettre en action. C’est ainsi que trois jours plus tard, après que d’autres idées me soient venues, je me suis assise devant mon ordinateur en me disant que je verrais bien si quelque chose sortirait. Le premier chapitre a coulé d’une traite, plus de 20 pages au format livre. Le soir quand mon mari est rentré, je lui ai proposé de le lire ensemble et nous avons tous les deux pleuré en terminant la lecture.
Et j’ai aussi compris que cela n’allait pas être un livre pour enfant.

D’où te vient ton inspiration ?
Sans hésiter, je place Dieu en premier dans la source de l’inspiration. Les idées venaient à flots et même si j’ai bien conscience qu’il a ouvert une vanne de l’imagination qui avait dû se refermer depuis toutes ces années, certains sujets abordés me sont “tombés” dessus. Cela me venait pendant la nuit, pendant que je conduisais, etc. Des images profondes et parlantes que je n’ai pas inventées de moi-même.
Et puis l’inspiration de départ a été insufflée en regardant mon fils ainé. J’avais conscience de certaines failles en lui qui lui pesaient et j’avais envie qu’il voit une image de lui différente de celle qu’il avait (inconsciemment) de lui-même (il avait 5 ans). Et puis, je me suis naturellement inspirée de personnages proches, dont ma propre famille. Rien n’a vraiment été réfléchi. C’est peut-être pour cela que j’ai trouvé l’exercice assez simple.

À qui s’adresse ton livre ?
Adultes et même adolescents. Les lecteurs que je connais sont des adultes, mais j’ai eu un retour très enthousiaste d’une lectrice de 13 ans.
Il s’adresse au croyant comme au non-croyant. J’ai des lecteurs qui partagent ma foi, mais d’autres pour qui ce n’est pas du tout le cas et qui ont été touchés par le livre.

En combien de temps l’as-tu écrit ?
En trois mois jour pour jour. J’ai commencé le 23 décembre 2015 et je l’ai terminé le 22 mars 2016, tout en étant maman à temps plein avec trois enfants à la maison ! C’est aussi pour cela que j’ose dire que je n’étais pas seule dans ce projet !

Combien de versions as-tu écrites ?
Trois, bien que la version principale reste la première, le roman finalisé le 22 mars 2016.
Ensuite il y a eu le travail de réécriture qui a duré plusieurs mois, notamment car je ne l’ai pas fait seul et que j’étais dépendante de la disponibilité de ces personnes. J’avoue, je trépignais d’impatience.
J’ai fait appel à une amie, professeur de français à la retraite. Je n’avais pas écrit d’histoire depuis 20 ans et je n’avais lu que deux romans ces dix dernières années. J’étais donc un peu (beaucoup) rouillée. Mon amie Marie-Claire était la personne idéale. Nous nous sommes vues plusieurs fois et nous lisions le roman ensemble en l’améliorant. Elle m’a donné des conseils, nous avons repris certaines parties ensemble pour que cela soit plus clair, mieux formulé, supprimé des passages. Ce que j’ai aimé avec elle c’est qu’elle n’a pas dénaturé mon style, bien qu’il soit plutôt simple et qu’elle écrit sans aucun doute bien mieux que moi. Nous n’avons pas non plus touché à l’histoire, à l’ordre des chapitres, aux idées transmises, etc. Nous avons juste retravaillé la clarté du message et amélioré l’écriture.
Nous avons terminé cette version avant l’été 2016.
Avec les conseils de Marie-Claire j’ai pu faire plusieurs relectures seule et continué de le perfectionner.
Pour finir, j’ai fait appel à des lecteurs tests. Cela a permis de mettre en avant d’autres coquilles, fautes d’orthographe/frappe et de parfaire encore le tout.
Une vérification de la dernière version par mon grand frère et ma maman et le livre était terminé en octobre 2016… avec quelques coquilles restantes quand même !

Pourquoi un personnage porte-t-il le prénom d’un de tes fils et pas les autres ?
Comme c’est en regardant Laël que l’idée du livre m’est venue, j’ai commencé par écrire en utilisant son prénom. Je pensais d’ailleurs le modifier plus tard… Mais je me suis habituée au roman ainsi et j’avais envie que plus tard, lorsqu’il le lirait, il soit touché de se découvrir en héros d’un roman. Il est déjà fier d’ailleurs.
Les prénoms de mes deux autres garçons figurent bien dans le livre ! Raph est le diminutif de Raphaël, le 2e prénom de mon fils Lévi. Et Uriel est le 2e prénom de mon fils Isaïah. La signification collait encore plus aux personnages. Il manque juste Eléanore, la petite dernière qui n’était pas encore conçue.

As-tu pensé à présenter ton livre à des éditeurs ?
J’ai réfléchi à la question et pour plusieurs raisons j’ai préféré me tourner vers l’auto-édition. Je n’ai donc pas présenté mon livre à des éditeurs. Avec les avantages et les inconvénients que cela représente.
Je devais me charger de trouver un imprimeur. J’ai décidé de ne pas comparer les prix, mais de faire travailler le local. L’imprimerie est donc une petite entreprise artisanale/familiale dans une commune proche de chez moi.
En étant moi-même l’éditrice, je reste détentrice des droits du livre.
Je perçois aussi plus financièrement lorsque je vends un livre que si j’étais passée par une maison d’édition. L’argent n’était pas la motivation pour sortir le roman, mais ça reste quand même un avantage !
Les inconvénients, c’est que je dois gérer moi-même la communication et très franchement je n’ai pas fait grand-chose et je n’avais pas envie d’y passer trop de temps. Le livre a surtout fonctionné (et continue) par bouche-à-oreille. En plus, je suis toujours un peu gênée de m’autopromouvoir. J’ai une formation commerciale, mais je ne suis pas du tout douée pour mettre quelque chose que j’ai créé en avant. Je dois donc prendre sur moi.
Un autre inconvénient c’est qu’il n’est pas disponible dans les librairies (des gens m’ont dit qu’ils ne le trouvaient pas… c’est normal).
Je ne suis pas fermée aux maisons d’édition pour autant, mais je n’étais pas convaincue de faire appel à elles pour commencer.

Y aura-t-il une suite ?
Oui, il y aura une suite. “Quand ?” est la question en suspend. Je pensais m’y mettre rapidement après le 1er, d’autant plus que j’ai des idées. Finalement, je suis tombée enceinte de notre 4e enfant et je n’avais pas la tête à ça. J’ai senti aussi lorsque j’ai voulu m’y mettre que cela ne coulait pas autant que pour le premier et que j’avais besoin de murir certains sujets que j’aimerai voir présents dans le 2e livre. C’est toujours le cas. À cela s’est ajouté un nouvel intérêt pour la photographie qui m’a pris du temps, et c’est toujours le cas aussi !
Je me dis que le 1er ne termine pas en queue de poisson et qu’une suite peut attendre un peu…
Dans le sujet “suite”, j’aimerais beaucoup que mon livre soit traduit en anglais pour le proposer outre Atlantique. Mais pour le moment, je n’ai pas l’argent nécessaire pour la traduction. Donc c’est en attente, mais je pense que cela se fera.
Et puis, si j’ose rêver, pourquoi pas un film un jour ?! Tout est possible, n’est-ce pas ? 😉

Quels sont les retours de lecteurs qui t’ont le plus touchée ?
Oh la la. Beaucoup.
L’un des plus marquants et qui est revenu plusieurs fois, c’est lorsqu’on m’a dit que mon livre a produit le même effet que le roman “La Cabane” (The Shack). L’histoire n’est pas la même, le style d’écriture non plus. Je connais d’ailleurs le coauteur de “La cabane” et j’admire son talent et son coeur. C’était donc d’autant plus encourageant… Rajouté au fait que c’est un roman qui s’est vendu à plus de 25 millions d’exemplaires dans le monde… ce qui n’est pas mon cas ! En tout cas, plusieurs personnes m’ont dit avoir été touchées de la même manière.
Les retours comme quoi le livre et des images suivaient encore les gens plusieurs jours voire des mois après, l’attente du 2e tome, les larmes qui ont coulé pendant la lecture, les révélations que cela a apporté dans la vie des gens, leur rapprochement avec Dieu… sont tout autant de compliments qui m’ont confirmé que ce roman avait bien fait de voir le jour ! D’autant plus lorsque cela vient de lecteurs inconnus.

Quels ont été tes défis durant l’écriture et la suite ?
Le principal : la comparaison (l’un des thèmes de mon livre !).
Avec “La cabane” notamment. Je l’avais lu en 2009 et je n’en avais pas vraiment de souvenirs, si ce n’est de l’histoire générale. Je l’ai ressorti de la bibliothèque une fois mon roman terminé et je l’ai ouvert au hasard pour en lire quelques pages. Je me suis sentie toute petite parce que j’ai comparé mon style à celui de ce livre. J’ai fini par m’interdire de lire des romans durant ce laps de temps. Je n’avais pas envie de me sentir démotivée ni influencée par un style différent du mien.
Le second défi c’est une fois que le livre sort… Savoir accepter que l’écriture ne parle pas à tout le monde de la même manière. Qui plus est, certains n’aiment pas lire donc ils n’ouvriront jamais mon livre. Une peinture, une musique, une danse touchera certains, moins d’autres, voir pas du tout. Cela ne veut pas dire que ce n’est pas “bon”. Finalement, ce second défi a été plus facile à vivre que je ne le pensais. Je préfère d’ailleurs accueillir la « critique » que le silence.
J’en profite pour dire à mes amis et proches qui ne l’ont pas lu d’essayer de le faire, même s’ils n’accrochent pas avec l’histoire ou le style. Et qu’ils ont le droit de ne pas aimer ou de ne pas être touchés. Mais si vous le lisez, vous m’y trouverez !
Et d’une certaine manière, lecteur connu ou pas, vous vous y trouverez aussi.
Un conseil cependant, que je donne pour la lecture de n’importe quel roman. Ne faites pas trop de pauses sinon, on oublie un peu l’histoire et c’est plus difficile de se remettre dedans.

La Cité, tu y es allée ?
Cette question m’a été posée plusieurs fois !
Une personne m’a dit qu’elle n’avait pas terminé mon livre car elle le trouvait trop allégorique. J’ai beaucoup apprécié qu’elle me le dise, mais je lui ai répondu qu’il n’était pas si allégorique que cela. C’est justement le message à y découvrir !
Est-ce que j’y suis allée ? J’ai envie de laisser planer le mystère et vous dire qu’elle est bien plus proche et accessible qu’on ne le pense !

À propos de l'auteur: Claire

2 commentaires à «Interview de lecteurs de « La Cité »»

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  1. Jacques Bogue - le 21 août 2018 à 13 h 30 min Répondre

    Je viens de lire le livre. Je l’ai trouvé bien raconté et sensible.
    Par contre, je trouve qu’il délivre une vision finalement assez superficielle de l’intériorité, qui est représenté il me semble par « la Cité ». Dans cette cité où il n’y a pas « de cancer, de calvitie ni d’obésité ».
    Le handicap physique est ainsi perçu comme un mal qu’il faut guérir, Dieu ou son équivalent, aidant. On sait ce que cette vision du « monde idéal » a donné au cours de l’histoire… A cette vision manque il me semble, pour s’approcher réellement de Dieu, le renouvellement des yeux et des oreilles, qui permet de voir au delà des apparences, pour faire venir un plus grand que soit sur terre et aller au delà d’une vision utilitariste de Dieu.

    • Claire - le 5 septembre 2018 à 21 h 54 min Répondre

      Merci Jacques pour ce retour. C’est le tome 1, l’intériorité sera abordée plus en profondeur dans le tome 2… qui est en maturation intérieure, avant d’être couché sur le papier 🙂

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